fbpx
Pour prendre rendez-vous, écrivez-vous au info.laval@cerc-neuropsy.com

Trouble d’opposition et de provocation

Le trouble d'opposition / provocation est caractérisé par une désobéissance quasi généralisée. Face à une consigne qui lui déplaît, l'enfant peut alors montrer soit de l'opposition passive (semble acquiescer à la demande, mais omet volontairement d'y donner suite), soit de l'opposition active (l'enfant crie, frappe, lance les objets, ou confronte et défie par un "non" en regardant dans les yeux), soit de l'opposition dite passive-agressive (l’enfant semble se conformer à la demande de l'adulte, mais il blesse ou brise "accidentellement" en cours d’action). Contrairement aux enfants qui ont un trouble de déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH) et qui oublient les consignes, les enfants qui ont un trouble oppositionnel sont parfaitement conscients de leurs comportements d'opposition, et ils refusent délibérément de se conformer aux demandes de l'adulte.

Face à ces enfants, les parents diront qu’ils se sentent constamment en situation de lutte de pouvoir. L'enfant refuse de se plier aux consignes, puis refuse de se plier aux conséquences et aux punitions imposées par les parents. Dans certains cas, les parents ont même l’impression que l’enfant a pris le dessus dans la maison et que dans le fond, c’est lui qui décide maintenant. Dans les cas plus graves, l’enfant, en plus de refuser de se plier à l’autorité, cherche à provoquer l’adulte. Ces enfants savent ce qui fait fâcher leurs parents, et ils l’exploitent ! Ils savent aussi mettre le parent dans l’embarras en faisant des crises en public. C’est d’ailleurs souvent de cette façon, par les crises, qu’ils finissent par obtenir ce qu’ils veulent et qu’ils finissent par avoir régulièrement le dessus sur l’autorité parentale. Il s’agit alors d’un problème sérieux, face auquel il est impératif d’intervenir rapidement. Sans intervention, le trouble oppositionnel avec provocation peut évoluer en délinquance / trouble des conduites à l'adolescence.

trouble d'opposition

À ne pas manquer, un texte de vulgarisation rédigé par Dr Benoît Hammarrenger, directeur du CERC, détaillant le cycle de l'opposition dans l'interaction parent-enfant :

Le TROUBLE D'OPPOSITION, texte rédigé pour le site de l'Association Québécoise des Neuropsychologues

Écoutez ICI en reprise l'émission "Experts en Série", Dr Hammarrenger discute du trouble d'opposition avec l'animatrice Marianne Paquette

 

Le diagnostic

Au diagnostic, on devrait retrouver au moins quatre des symptômes suivants, présents pendant une durée d'au moins six mois :

  • Se met souvent en colère
  • Conteste ce que disent les adultes
  • S'oppose activement ou refuse de se plier aux demandes ou aux règles des adultes
  • Embête les autres délibérément
  • Fait porter à autrui la responsabilité de ses mauvais comportements ou de ses erreurs
  • Facilement susceptible ou agacé
  • Souvent fâché, plein de ressentiment
  • Se montre souvent méchant ou vindicatif
trouble d'opposition enfant

Le développement de l'opposition

L'opposition est une phase normale, saine et même souhaitable dans le développement d'un enfant. Vers l'âge de deux ans, l'enfant comprend qu'il a un certain contrôle sur son environnement, mais surtout sur les gens autour de lui. Il comprend qu'il peut dire non à une demande qui lui est formulée, ce qu'il n'avait jamais réalisé auparavant. Il constate même parfois qu'il obtient plus d'attention lorsqu'il s'oppose à une demande que lorsqu'il s'y conforme ! L'opposition de l'enfant a alors comme fonction première de lui permettre d'affirmer son individualité. L'enfant affronte ses parents pour la première fois en leur passant le message qu'il peut avoir des envies distinctes de ce qu'ils exigent de lui, et qu'en tant qu'individu, il peut faire valoir ses envies à lui. C'est la "phase du non" qui commence, ou ce que les parents appellent le "terrible two".

Cette phase doit cependant s'estomper et l'enfant doit revenir en harmonie avec ses parents. Cette harmonisation doit se faire par une approche des deux côtés. Les parents doivent reconnaître l'individualité de leur enfant en le laissant faire des choses par lui-même lorsqu'il le demande, en le laissant faire des choix et prendre des décisions, et en valorisant l'autonomie de l'enfant. L'enfant quant à lui doit réaliser que ses parents lui imposent un cadre qui doit être maintenu, et ce, pour sa propre sécurité. L'enfant doit alors avoir une grande confiance en ses parents, souvent même une confiance aveugle. Même s'il ne comprend pas pourquoi on lui impose un règlement, il doit avoir confiance que ses parents le lui imposent pour son bien. Lorsqu'il se fait discipliner, l'enfant doit avoir suffisamment confiance en ses parents pour croire qu'ils l'aiment toujours autant, et qu'ils se montrent sévères justement parce qu'ils se soucient de son bien-être.

Dans l'enfance, un trouble d'opposition / provocation apparaît habituellement pour l'une des raisons suivantes:

  • L'enfant n'est pas reconnu par ses parents dans ses besoins à lui, dans son individualité et dans sa recherche d'autonomie.
  • L'enfant et ses parents n'ont pas réussi à établir un lien de confiance mutuelle.
  • L'enfant a appris que l'opposition est payante (exemple : il reçoit davantage d'attention lorsqu'il s'oppose que lorsqu'il se conforme, ou encore il sait que s'il s'oppose il a des chances d'avoir gain de cause).
  • Il y aurait aussi une composante génétique qui prédisposerait certains enfants à adopter des comportements d'opposition.

Notons qu'une seconde phase d'opposition normale et souhaitable apparaît à l'adolescence. L'opposition remplit de nouveau la même fonction, soit d'affirmer l'autonomie et l'individualité. L'adolescent commence à avoir des opinions distinctes de ses parents, et ne veut pas toujours suivre le chemin qu'ils ont tracé pour lui. L'adolescent veut aussi se montrer capable de faire les choses par lui-même de façon autonome. Cette opposition est d'une importance capitale afin d'amener l'adolescent à devenir un adulte autonome.

Nos services au CERC pour aider les parents à gérer les comportements d'opposition chez l'enfant ou l'adolescent:

En premier lieu il est important de comprendre ce qui sous-tend l'opposition chez l'enfant ou l'adolescent. Un évaluation neuropsychologique permettra de savoir si un syndrome neuro-développemental comme un TDAH, un syndrome de Gilles-de-la-Tourette, ou même un trouble du spectre de l'autisme, est à l'origine des comportements observés. Parfois l'opposition est une réaction de protection chez un enfant anxieux, et parfois il s'agit d'un comportement appris en lien avec les styles d'autorité parentale ou le contexte familial. Toutes ces causes (et il y en a plusieurs autres) impliquent par la suite des interventions différentes. D'où l'importance d'une bonne évaluation au départ.

Par la suite, nous offrons des séances (au CERC-Montréal et au CERC-Laval) avec les parents, et parfois avec les jeunes également, permettant d'adresser de manière très spécifique les situations de conflit et d'opposition rencontrées à la maison. Des techniques concrètes sont proposées et peuvent être mises en place à la maison pour retrouver l'harmonie au sein de la famille.