Pour prendre rendez-vous : 514-507-7507 (Montréal) | 450-686-8333 (Laval)

La cyberdépendance

La cyberdépendance : une définition en évolution

Le chercheur spécialiste des dépendances Jacod Amnon Suissa (2014) propose la définition suivante : « la cyberdépendance est l’utilisation excessive des moyens de communication offerts par internet. L’individu affecté par cette dépendance est en perte de contrôle, recherche continuellement la connexion à internet, et sa vie sociale et personnelle est perturbée. »

Plusieurs auteurs (Suissa, Tisseron, etc.) dénoncent les constructions de nos sociétés individualistes comme façonnant un contexte socioaffectif propice au développement de comportement de dépendance. En effet, la recherche de la connexion à l’autre se ferait de plus en plus au travers du monde en ligne et cela peut paradoxalement mener de plus en plus au sentiment d’isolement et de solitude. Plusieurs difficultés psychologiques concomitantes peuvent accompagner la dépendance aux les technologies de l’information et de la communication (TIC). Nommons pour les plus courantes l’anxiété et la dépression.

Bien que l’accessibilité grandissante des TIC puisse favoriser le développement d’une dépendance, il serait dommage de passer à côté de certains de leurs aspects pouvant constituer des bénéfices. Par exemple, les jeux d’exercices peuvent aider à rester assidu et motivé quant à ses habitudes sportives. Aussi, les jeux en ligne de coopération, utilisé en modération et motivé par des raisons sociales, pourraient réduire les problèmes concomitants tels que l’anxiété et la dépression, si la personne reçoit du support en ligne autant que hors ligne (ODonnell, 2019). Finalement, les TIC offrent aussi des opportunités de s’engager dans des communautés, de partager des idées et faire circuler l’information, d’élargir le réseau de contact avec des gens partageant les mêmes intérêts, de socialiser avec des amis et sa famille ainsi qu’augmenter les opportunités d’apprentissage et de projet de groupe.

 

cyberdependance adolescent

Les signes de cyberdépendance

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) inclut maintenant une catégorie désignant le trouble lié à la dépendance des Jeux en ligne (JEL). Voici certains comportements symptomatiques associés à la cyberdépendance :

  • La personne fait une utilisation excessive d’internet afin d’échapper à ses problèmes ;
  • Le retrait des TIC provoque chez la personne des réactions de colère, de tension, de dépression forte et d’anxiété. Cela peut d’ailleurs emmener la personne à ne pas respecter les règles liées aux TIC, à mentir et cacher ses habitudes d’utilisation des TIC ;
  • Une tolérance grandissante au temps d’exposition aux écrans est observée. Ainsi, la personne est de plus en plus préoccupée par le JEL ;
  • La personne continue d’investir ses habitudes d’utilisation des TIC malgré des conséquences indésirables au niveau de sa vie sociale. Ainsi, la personne se détourne de ses liens sociaux hors ligne ainsi que de ses autres intérêts et activités lui procurant de la satisfaction ;
  • Son hygiène de vie est altérée sur le plan de son alimentation, du sommeil, de sa sexualité et des activités physiques ;
  • Les résultats et l’engagement scolaires sont à la baisse ;
  • La personne a de la difficulté à se concentrer et à maintenir son attention.
adolescent cyberdependant, cyberintimidation

Traitements et prévention

Comme nous demeurons dans un monde rempli d’écran, il serait contre-indiqué de bannir les écrans de la vie de nos enfants. L’approche visant à outiller et guider notre enfant dans sa découverte et son utilisation des TIC est mise de l’avant. Il va sans dire que cet accompagnement doit se faire selon des tranches d’âge. En bas de 3 ans, il n’est généralement pas recommandé d’exposer l’enfant aux écrans, sauf pour aider au développement du langage en cas de déficit. Mais, on ne doit surtout pas y avoir recours pour calmer l’enfant ni pendant les heures de repas. Vers 6 ans, cela pourrait favoriser un repli sur soi, alors que l’enfant est en pleine découverte de son monde. Vers l’âge de 9 ans, c’est un droit d’accompagner son enfant vers la découverte des TIC. Vers 12 ans, l’enfant pourrait avoir accès aux réseaux sociaux, mais en lui expliquant les risques liés. Ces recommandations ne sont pas formelles, mais suivent l’avis des experts.

En guise de prévention contre la cyberdépendance, nous pouvons stimuler le jugement critique de notre enfant à l’égard des stratégies publicitaires et de l’utilisation des métadonnées ainsi que l’aider à différencier le réel de l’imaginaire. Nous pouvons aussi choisir des jeux favorisant les habiletés de coopération (interactions émotionnelles et narratives) plutôt que des jeux stimulant les habiletés motrices et sensorielles. Également, la diversification d’activités sans écrans, sportives et créatives devrait être prioritaire avant de permettre des activités avec écrans. Puis, des discussions quant aux contenus, des règles claires sur les l’utilisation des TIC et l’emplacement d’écrans dans des aires communes peuvent prévenir une utilisation malsaine.

Il importe de différencier l’usage de l’abus ainsi que de différencier le temps d’écran éducatif du temps d’écran utilisé comme loisir. Pour cela, l’impact des habitudes d’utilisation des TIC sur le fonctionnement quotidien de la personne est évalué lors du traitement. Ainsi, les habitudes comportementales, les pensées liées aux comportements d’utilisation des TIC ainsi que le contexte socioaffectif sont explorés pour mieux comprendre la situation problématique rapportée. Une analyse fonctionnelle des besoins derrière les comportements est menée afin de mieux comprendre les raisons derrière le développement des comportements de dépendance. L’encadrement quant à l’utilisation des TIC, le renforcement d’habiletés sociales, de l’estime de soi ainsi que d’habiletés à la gestion des émotions sont souvent à l’avant-plan des objectifs de traitement.

L’implication de l’entourage est une partie non négligeable étant donné que la situation problématique rapportée n’apparaît pas sans le contexte dans lequel elle s’est développée. Donc, le niveau de motivation des personnes impliquées dans la situation est évalué et renforcé tout au long des rencontres. Ensuite, des recommandations quant à la modification du contexte social et affectif dans lequel apparaît le problème de dépendance seront émises. Finalement, comme parent, il est impératif d’observer ses propres habitudes, connaissances et valeurs à l’égard des TIC.

Il existe une panoplie de recommandations adaptées à votre situation, que nos professionnels peuvent vous aider à mettre en place pour favoriser le sain développement de vos enfants ainsi qu’un nouvel équilibre familial.

Contactez-nous pour plus d'information sur la cyberdépendance ainsi que les services que nous offrons pour aider à la traiter et la prévenir.