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La pollution chez la femme enceinte pourrait augmenter le risque de TDAH et d’autisme

12 août 2015

pollution TDAH et Autisme

Les mères les plus sensibles aux produits chimiques communs qui nous environnent pourraient, selon une récente étude menée par Lynne P. Heilbrun et Claudia S. Miller de l’Université du Texas, présenter un risque accru d’avoir un enfant atteint de TDAH ou d’autisme.

Les chercheurs ont réalisé cette étude avec 282 mères d’enfants atteints d’autisme, 258 mères d’enfants atteints du TDAH et 154 mères d’enfants sans troubles développementaux. Les participantes ont rempli le Quick Environmental Exposure and Sensitivity Inventory (QEESI, disponible en français), utilisé pour diagnostiquer l’hypersensibilité chimique.

Les mères qui présentent une intolérance chimique étaient 2,3 fois plus susceptibles que leur enfant soit atteint d’un TDAH et 3 fois qu’il soit atteint d’autisme.

Les mères des enfants atteints de TDAH ou d’autisme ont rapporté plus de maladies et de symptômes associés à l’intolérance chimique chez leurs enfants que celles ayant des enfants sans trouble développemental :

  • infections multiples nécessitant des antibiotiques : TDAH : 1.7 fois plus susceptible ; autisme : 4,9 fois ;
  • allergies : TDAH : 2 fois ; autisme: 1,6 fois ;
  • nausées, maux de tête, étourdissements ou difficulté à respirer lorsque exposés à la fumée, vernis à ongles, échappement de moteur, essence, assainisseurs d’air ou agents de nettoyage : TDAH : 2 fois ; autisme : 3,5 ;
  • fortes préférences pour certains aliments tels que fromage, chips, pain, pâtes, riz, sucre, sel et chocolat ; TDAH : 2 fois ; autisme : 4,8 fois.

Les auteurs recommandent que toutes les mères et les femmes enceintes adoptent des mesures préventives pour éviter les produits chimiques potentiellement nocifs tels que pesticides, solvants, produits de combustion et produits chimiques utilisés pendant la construction et la rénovation.

Au Canada, une enquête nationale menée en population générale en 2003 chiffre la prévalence d’hypersensibilité chimique multiple dont le diagnostic a été porté par un médecin à 2,4 % (Lacour et coll., 2005).

Au-delà de l’hypersensibilité chimique multiple, la pollution est de plus en plus associée aux troubles neurodéveloppementaux. Dans un ouvrage scientifique récent (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental Health, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, chercheuse de renommée internationale, soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse (article à découvrir ici).

Sourcehttp://uthscsa.edu/hscnews/singleformat2.asp?newID=5087

Pour aller plus loin sur l’hypersensibilité chimique multiplehttp://www.aseq-ehaq.ca/uploads/1/5/8/6/15867826/mcs_par_martin_l._pall.pdf et http://www.jle.com/fr/revues/ers/e-docs/l_intolerance_environnementale_idiopathique_sensibilite_chimique_multiple__286134/article.phtml?tab=texte